Kimberly Ribble, de Daniel LaRusso à M. Miyagi

La transition d’athlète à entraîneur afin de développer davantage le judo
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Après une carrière d’athlète qui l’a menée jusqu’aux Jeux olympiques de 2000 à Sydney, il était évident pour Kimberly Ribble qu’elle demeurerait active dans le monde du judo. Celle qui était déjà entraîneure avant de prendre sa retraite voulait absolument poursuivre dans cette direction. Elle le fait avec succès depuis maintenant une vingtaine d’années.

Kimberly se donne pour mission d’influencer positivement la vie de chacun de ses élèves. Elle se plait d’ailleurs à se comparer à M. Miyagi du film Karaté Kid par son approche d’enseignement.

« Le parrainage a toujours fait partie de mes passions. J’adore suivre un athlète de ses premiers pas en judo jusqu’à la fin de sa carrière. J’aime aussi comprendre les comportements des athlètes, autant sur le tatami qu’en dehors de celui-ci. J’espère pouvoir utiliser le judo comme un outil pour faire ressortir le meilleur chez une personne. »

Ce n’est pas la pandémie qui a freiné Sensei Ribble, qui s’est alors tournée vers les classes virtuelles. À son grand étonnement, ce virage numérique a attiré une nouvelle clientèle au judo.

« Les cours virtuels étaient ouverts à tous et les jeunes qui se sont le plus accrochés à ces cours ne sont pas nécessairement ceux qu’on voyait dans les gymnases habituellement. J’ai l’impression que la pandémie a amené beaucoup de jeunes qui n’avaient jamais fait de sport. Ils voient le judo comme une nouvelle manière de s’exprimer. »

Choisie comme récipiendaire du Comité de l’équité des genres de Judo Canada pour ses implications, elle travaille actuellement sur un programme d’autodéfense qui sera offert sous peu. Ce projet est d’une importance capitale pour l’Ontarienne.

« J’ai donné des cours d’autodéfense par le passé et c’est quelque chose de tellement important pour tout le monde à mon avis. On ne sait jamais quand on se retrouvera dans une situation difficile et je suis certaine qu’avoir une base en autodéfense peut sauver des vies. Ce sera un programme qui deviendra indispensable. »

Un chemin parsemé d’embûches jusqu’à Sydney

Kimberly a commencé sa carrière de judoka très jeune, dans l’optique d’atteindre son rêve de devenir ninja, ou encore suivre les traces de Daniel LaRusso. Après plusieurs années à s’entraîner dans un club récréatif, c’est à l’âge de 17 ans que sa carrière d’athlète a véritablement pris son envol lorsqu’elle a fait la transition vers un club plus compétitif.

L’athlète avait 10 ans devant elle pour se préparer pour les Jeux olympiques de Sydney, qui représentaient son objectif principal. Comme ce fut le cas tout au long de sa carrière, les blessures et les défis ont été nombreux avant d’arriver à ce but ultime.

C’est d’ailleurs lors de l’Open britannique de 1999 qu’elle affirme avoir vécu le plus beau moment de sa carrière. Alors qu’elle se remettait tout juste d’une opération à un genou, la judoka a réussi à vaincre tour à tour la championne et la vice-championne du monde de l’époque, tout ça, en quelques secondes seulement.

« Je ne comprenais pas ce que je faisais sur le même tatami que ces deux femmes-là. J’ai gagné mon premier combat en environ 5 secondes. J’ai utilisé la même technique à mon deuxième combat et ç’a fonctionné. Je ne comprenais absolument rien. Ça m’a donné énormément de confiance en vue des Olympiques qui approchaient. »

Les Jeux de Sydney occupent évidemment une place spéciale dans sa mémoire, même si, encore une fois, une blessure a abruptement mis fin à son parcours.

« À mon premier combat, j’ai dû affronter une médaillée des Jeux olympiques d’Atlanta. Elle s’est attaquée à mon genou, mais j’ai réussi à me relever. J’ai tout fait pour revenir de l’arrière. Je ne sais pas pour quelle raison, mais dans l’intensité du combat, j’ai entendu un craquement et j’ai immédiatement compris que mon pied était cassé. »

« C’était extrêmement intense, mais je suis vraiment reconnaissante d’avoir pu vivre cette expérience dans ma carrière. Je me réjouis chaque fois que je pense à Sydney, même si ça ne s’est pas terminé comme je l’aurais souhaité. »

« Je ne veux jamais arrêter »

Kimberly ne compte même plus le nombre de blessures qu’elle a subies au cours de sa carrière. Elle sait toutefois qu’elle a 33 opérations à son actif, qui ne sont évidemment pas toutes liées au judo. Sa plus récente blessure? Un accident de scooter, il y a moins de deux semaines.

« Je ne sais pas pourquoi je ne veux jamais arrêter. Suite à mon accident de scooter, j’ai de la difficulté à marcher, mais je donne encore mes cours virtuels. Les enfants ne comprennent pas non plus ce qui me pousse à continuer. C’est le feu sacré, la passion pour le sport il faut croire! »

Une chose est sûre, elle a toujours la flamme. Elle a d’ailleurs suivi assidûment les parcours de Jessica Klimkait et de Catherine Beauchemin-Pinard l’été dernier aux Jeux de Tokyo, où elles sont devenues les premières Canadiennes à remporter des médailles olympiques en judo.

« Je suis tellement fière et heureuse de voir les filles connaître autant de succès. Les entraîneurs effectuent un travail colossal, non seulement pour les femmes, mais pour toute l’équipe canadienne afin d’amener les athlètes au plus haut niveau. »

Kimberly Ribble conclut sur un souhait, celui de continuer de voir Judo Canada rayonner sur la scène internationale. Elle remarque la montée de certaines étoiles du sport comme Shady ElNahas et est persuadée que ce n’est qu’une question de temps avoir de voir le Canada être représenté sur la première marche d’un podium olympique.

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