Laurie Wiltshire : un modèle pour la communauté féminine du judo au Canada

Les judokas canadiens récoltent trois médailles de bronze en Espagne
1 mars 2026
Des apprentissages à la dure en Autriche
6 mars 2026
Les judokas canadiens récoltent trois médailles de bronze en Espagne
1 mars 2026
Des apprentissages à la dure en Autriche
6 mars 2026

Montréal, 5 mars 2026 – Athlète de haut niveau, entraîneure engagée, partenaire d’entraînement et compétitrice toujours active, l’Albertaine Laurie Wiltshire incarne depuis le tout début de sa carrière des valeurs fondamentales du judo : la passion, le dévouement et la rigueur. Son parcours témoigne d’un engagement indéniable envers son sport, autant dans la performance que dans la transmission de son savoir.

Originaire de Fort McMurray, Laurie a découvert le judo un peu par hasard, à l’âge de 10 ans, lorsqu’elle a accompagné une amie au YMCA local. Immédiatement intéressée, elle a peu de temps après rejoint le Ni-Ten Judo Club pour y parfaire ses habiletés, ce qui lui a ensuite permis d’intégrer l’équipe provinciale et de participer à ses premiers Championnats nationaux.

À 17 ans, soit après la fin de ses études secondaires, elle a quitté sa province natale pour continuer son parcours à Montréal en s’entraînant au Centre national d’entraînement, où elle a passé des années inoubliables. Sa carrière d’athlète de haut niveau l’a d’ailleurs menée à représenter le Canada sur la scène internationale chez les moins de 52 kg.

Elle a obtenu des cinquièmes places aux Universiades en 2007, aux Jeux de la Francophonie en 2009 ainsi qu’aux Jeux panaméricains de 2011. Elle a également remporté l’Open des États-Unis en 2007 et a été sacrée championne nationale de sa catégorie huit années de suite, entre 2005 et 2012.

Mais au-delà des résultats, Laurie gardera toujours des souvenirs impérissables des expériences humaines vécues auprès de ses compatriotes de l’équipe nationale.

« Participer aux Jeux universitaires, aux Jeux panaméricains et aux Jeux de la Francophonie, ce sont les voyages les plus mémorables. On était très proches dans l’équipe, c’était une expérience incroyable du point de vue d’une athlète », résume-t-elle au sujet de ce chapitre de sa vie.

Avant de mettre un terme à sa carrière d’athlète d’élite à 28 ans, Wiltshire en revenue au bercail en Alberta pour continuer l’entraînement au Hiro’s Judo Club, où elle passe encore beaucoup de temps encore aujourd’hui. C’est d’ailleurs là-bas qu’elle a fait ses premières classes comme entraîneure.

« Je compétitionnais encore quand je suis revenue en Alberta. J’ai pris ma retraite en 2012, mais j’ai été nommée entraîneure apprentie pour les Jeux du Canada en 2011 », indique celle qui a naturellement trouvé ses repères dans cette voie.

Si bien qu’elle n’a jamais cessé d’enseigner la discipline depuis et elle a même mis en place un groupe d’entraînement interclubs réunissant des jeunes judokas âgés entre 14 et 21 ans issus de trois clubs de la région de Calgary : Hiro’s Judo Club, Ishi Yama Judo Club et Airdrie Judo Club.

Deux fois par semaine, des jeunes judokas aux grandes ambitions se retrouvent donc pour s’entraîner ensemble en vue des Championnats nationaux et, pour certains, des compétitions internationales.

« C’est un bon point de départ pour eux. Ils ont des opportunités bien plus jeunes que moi à l’époque et c’est beau à voir, mentionne l’instigatrice du projet. On leur donne une chance de s’entraîner davantage et, s’ils veulent aller plus loin, ils le peuvent ! »

Dans son rôle d’entraîneure, Laurie a trouvé une vocation qui lui permet encore aujourd’hui de s’accomplir, tout en permettant à la relève de viser les plus hauts sommets du sport. « C’est très gratifiant. Ça fait vraiment plaisir de les voir réussir », confie celle qui priorise d’abord l’humain avant l’athlète dans son approche.

« On rencontre les jeunes à 11 ou 12 ans et ils repartent à 18 ou 21 ans. On est fiers d’avoir joué un petit rôle dans leur parcours. Le judo les aide vraiment à devenir des adultes responsables et équilibrés. C’est beau à voir ! »

Une partenaire exemplaire

En 2021, Laurie a aussi été une partenaire d’entraînement précieuse pour Priscilla Gagné en route vers sa conquête de la médaille d’argent aux Jeux paralympiques de Tokyo. « C’était un match parfait ! Pour chaque camp avant les Jeux de 2021, elle est venue en Alberta, où l’entraînement était plus flexible avec les restrictions sanitaires et nous avons fait plusieurs tournois ensemble », explique Wiltshire, qui a rapidement développé une complicité avec sa compatriote.

Ensemble, elles ont formé un duo complémentaire et Laurie a même pu accompagner Priscilla jusqu’aux Jeux, où elle a été une témoin privilégiée de son parcours argenté. « J’aime penser que j’ai joué un petit rôle dans sa médaille, oui. C’était très gratifiant et un sentiment incroyable ! » lance-t-elle un sourire en coin.

« C’était particulier avec les règles COVID, mais c’était super de la voir sur le podium.  On est encore amies aujourd’hui. On s’entend très bien et on prend régulièrement des nouvelles. »

Toujours autant animée par la passion du judo, Laurie a aussi continué de s’entraîner sur les tatamis et prend maintenant part à des compétitions chez les vétérans. Elle a même remporté des médailles à ses deux présences aux Championnats du monde vétérans chez les moins de 57 kg (F3), soit une de bronze à Las Vegas, en 2024, puis une d’or en 2025, à Paris.

« Je suis toujours sur les tapis, peu importe.  Parfois, je n’entraîne pas, je fais simplement l’entraînement avec les athlètes pour garder la forme et être prête pour les compétitions. J’adore ça et les athlètes sont toujours contents de voir les résultats », raconte celle qui travaille à temps plein pour la compagnie aérienne WestJet.

Tant et aussi longtemps qu’elle le pourra, la femme de 42 ans jonglera avec les exigences professionnelles et son implication dans le judo pour transmettre son savoir, rester active et, qui sait, peut-être même remporter d’autres médailles internationales.

« J’aimerais continuer, c’est certain, mais je dois concilier le travail et le loisir de faire de la compétition. J’aime rester en forme, m’amuser dans mon sport et c’est sûr que je retournerai aux Championnats du monde si l’occasion se présente », conclut-elle.

De son parcours d’athlète à son implication comme entraîneure et mentore, Laurie Wiltshire contribue activement au rayonnement du judo au Canada. Elle demeure une source d’inspiration vivante pour les judokas de tout âge et un exemple de constance et d’engagement.

À votre tour — montez sur le tatami.

Subscribe to our newsletter – Inscription à notre infolettre