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19 mars 2026Montréal, 10 mars 2026 – De ses débuts alors qu’elle demeurait dans un petit village de la Côte-Nord, au Québec, jusqu’à la capitale de la Nouvelle-Écosse, où elle l’enseigne ce sport six jours par semaine, le judo a toujours fait partie de la vie de Barbara Stary-Brown.
Pas toujours de façon régulière, mais parfois, l’amour pour un sport peut connaître un second souffle et c’est ce qui lui est arrivé.
La Côte-Nord, source de judo
Barbara Stary-Brown est une touche-à-tout sportive. Judo, ski de fond, escalade de rocher, escalade de glace, course à pied, tant au marathon qu’en cross-country, elle s’est démarquée dans toutes ces disciplines.
D’ailleurs, la journée de l’entrevue, l’enseignante de première année en immersion française avait profité de la fermeture des écoles en raison d’une tempête de neige pour aller faire du ski de fond avec sa fille, malgré un vilain rhume qui tardait à partir.
Ses débuts en judo, c’est dans le petit village de Gallix, sur la Côte-Nord, qu’elle les a faits. L’élève de deuxième année qu’elle était avait reçu sur son pupitre une invitation à une séance de judo.
« Je ne savais pas ce que c’était, mais j’étais intéressée à essayer. Et une fois que j’ai commencé, toute ma famille, mes parents, ma sœur et mon frère, ont embarqué aussi. »
Le club du village a fermé ses portes un an plus tard, sauf que la famille a continué sa pratique au club Judokan, à Port-Cartier, qui comptait déjà plusieurs athlètes féminines à la fin des années 1970. Issue de ce club, on retrouve notamment Lyne Poirier, qui a pris part aux Jeux olympiques de Barcelone, en 1992, première édition des Jeux où les femmes étaient admises sur les tatamis.
La tradition port-cartoise qui s’est poursuivie des années plus tard avec Marie-Hélène Chisholm qui a pris le cinquième rang aux Jeux d’Athènes, en 2004, chez les moins de 63 kg.
« J’ai pu m’entraîner un peu avec Lyne et Marie-Hélène est arrivée un peu plus tard. J’ai eu la chance de faire du judo avec les entraîneurs des deux et suis encore en contact avec eux. Ces athlètes ont été très inspirantes pour les femmes en judo. Elles ont démontré que l’on pouvait tout faire, même si on vient d’une petite ville. »
Barbara Stary-Brown a fondé famille à Halifax et ses enfants se sont évidemment plongés dans l’univers sportif. La gymnastique artistique pour son fils Matthew et la danse pour sa fille Katherine. C’est lorsque celle-ci approchait l’adolescence qu’elle a fait ses débuts en judo.
Son premier essai dans ce sport n’a pas été convainquant, mais c’est au second où elle et une de ses amies ont été charmées par ce sport au club Numa Performance, où elles pratiquent encore aujourd’hui, allant même jusqu’à représenter la Nouvelle-Écosse aux Jeux du Canada de 2023, à l’Île-du-Prince-Édouard. C’était le signal qu’attendait Barbara Stary-Brown pour revenir à ses anciennes amours, car le « judo était toujours dans (son) cœur », même à 45 ans.
« Je n’avais pas ma ceinture noire quand ma fille a commencé le judo et je l’ai ensuite obtenue. Aujourd’hui, même si ma fille est rendue à l’université, elle continue à pratiquer ce sport. Elle est devenue entraîneure et compte obtenir ses certifications. »
« Je ne pense pas que ma fille et son amie seraient restées en judo si elles n’avaient pas eu ce grand groupe d’amies dans le club. Elles aimaient la compagnie des garçons, mais elles avaient besoin des filles pour se soutenir et construire et avancer ensemble dans le sport. C’est aussi important pour elles d’avoir des entraîneures dont elles peuvent s’inspirer. Tout ça mis ensemble crée une atmosphère de coopération où tout le monde veut continuer, pas juste pour le sport, mais aussi pour socialiser. Ça devient comme une grande famille. »

Donner l’exemple
Au-delà de renouer avec son sport de prédilection, Mme Stary-Brown retrouve aussi le plaisir d’être une éducatrice, ailleurs que dans une salle de classe d’une école primaire. À raison de six jours par semaine, elle prodige ses conseils au club Numa Performance, que ce soit pour préparer la relève qui prendra part aux Jeux du Canada de 2027 de Québec, ou en offrant des cours réservés aux enfants ou aux femmes.
« Quand tu aimes vraiment quelque chose et que tu peux l’enseigner, ça me procure beaucoup de bonheur et d’énergie. Je n’ai pas l’impression de faire du travail supplémentaire. Pour moi, c’est du temps de qualité. »
À son tour, elle veut elle aussi poursuivre la lignée des exemples féminins qui ont marqué positivement son parcours de vie. C’est en partie pour cette raison qu’elle a démarré une classe de judo entièrement féminine vendredis soirs en 2024. Depuis, quatre participantes ont obtenu leur ceinture jaune.
« Je vois à quel point c’est efficace pour les femmes d’avoir cet espace collaboratif. C’est inspirant et aussi demandé pour plusieurs d’entre elles. »
Celle qui siège aussi au comité de parajudo chez Judo Nova Scotia mentionne avoir été impressionnée et inspirée à la suite d’une rencontre avec Christa Deguchi à un camp NextGen à Montréal, avant qu’elle ne devienne championne olympique à Paris.

« Elle enseignait ses projections et ses meilleurs trucs à nos athlètes. On ne voit pas ça dans beaucoup de sports. C’était très inspirant ! […] Au judo, il faut redonner ce que tu reçois : la discipline, la passion, la richesse mutuelle et la collaboration. »
Des valeurs qui cadrent parfaitement avec l’enseignement qu’elle veut prodiguer à ses élèves lorsqu’elle est de retour en classe.
À votre tour — montez sur le tatami.
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Rédaction : Sportcom pour Judo Canada



