Le dojo est fermé et j’ai besoin d’un plan B

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Bernard Letendre, LL.B., LL.M.

Head of Wealth and Asset Management, Canada

Manulife Investment Management

 

Pour moi, l’activité physique a toujours été synonyme d’activité sociale.

Mon truc, comme beaucoup le savent, c’est le judo et je vais au dojo religieusement, plusieurs fois par semaine, et ce depuis quarante ans. Depuis mon adolescence, le dojo est pour moi une deuxième maison. C’est là que je fais la plupart de mes rencontres en dehors du bureau. C’est là que je vide mon esprit de tout ce qui peut me peser, que je vais faire de l’exercice et rester en forme.

Au fil des ans, je me suis éloigné du dojo de temps en temps, que ce soit pour des vacances ou un voyage d’affaires. Mais même blessé, je me suis généralement fait un devoir de me rendre au dojo, de mettre mon gi et d’être sur les tapis pour les cours. J’ai fait des séances d’entraînement le soir du Nouvel An et d’autres jours fériés importants, pendant des tempêtes et autres perturbations. J’ai même fait un entraînement de Ne-Waza dans le noir complet lors d’une panne de courant.

Le judo est un entraînement complet donc je n’ai jamais eu à faire autre chose pour rester en forme. Au fil des ans, j’ai fait ma juste part de squats, de push-up, de redressements assis et d’autres exercices à l’échauffement pour nos cours, mais jamais comme entraînement principal. Je ne possède pas de vélo et je n’ai même pas de souliers de course (je fais de l’exercice pieds nus). Je ne possède pas de poids, car les poids que j’ai l’habitude de soulever sont mes partenaires d’entraînement. Certaines personnes lancent des balles — je lance des gens.

Je n’ai pas mis les pieds sur les tapis depuis quelques semaines et ce qui est différent cette fois-ci, c’est que je ne sais pas quand je pourrai y retourner. Mes étudiants et mes partenaires d’entraînement me manquent (mes collègues de travail me manquent également), mais je sais aussi que je dois rapidement développer de nouvelles saines habitudes pour traverser cette période de stress accru et de distanciation sociale extrême.

Je pense acheter une paire de souliers de course pour pouvoir courir. Ce matin, j’ai fait de la callisthénie seule dans mon sous-sol. L’expérience m’a donné très peu de plaisir. Seul le temps nous dira si je suis capable de continuer, mais bien sûr, il est essentiel pour moi, comme pour vous, que nous restions physiquement actifs et socialement connectés tout au long de cette crise.