La famille avant les Olympiques, le choix naturel de Kelita Zupancic

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En septembre 2020, Kelita Zupancic prenait l’une des décisions les plus difficiles de sa vie : délaisser son rêve de participer à ses troisièmes Jeux olympiques pour rester auprès de son mari et éventuellement fonder une famille. Près d’un an plus tard, la voilà maman de la petite Grace, avec qui elle a pu regarder ses anciens coéquipiers marquer l’histoire du judo canadien aux JO de Tokyo.

Contrairement à Londres et Rio, où elle était en action chez les moins de 70 kg, Kelita Zupancic a vécu ses Jeux olympiques devant son téléviseur en compagnie de sa fille et de son conjoint Travis Stevens, médaillé d’argent chez les moins de 81 kg pour les États-Unis il y a cinq ans. Une expérience sans conteste bien différente, mais pour laquelle elle était prête.

« Personnellement, ç’a été un peu plus difficile lors de la journée du tournoi chez les 70 kg, mais je m’étais préparée mentalement après avoir pris ma décision et je me sentais en paix avec la situation. En plus, j’ai pu regarder la compétition avec ma petite, alors c’est assez difficile d’être triste! » lance-t-elle dans son enthousiasme habituel.

Qui plus est, l’Ontarienne a pu célébrer les exploits de ses bonnes amies Jessica Klimkait (-57 kg) et Catherine Beauchemin-Pinard (-63 kg), qui ont réalisé une première pour le judo canadien en décrochant deux médailles olympiques au cours des mêmes Jeux.

« C’était absolument fantastique et j’étais très fière de mes anciennes coéquipières, poursuit-elle. Nous sommes toutes très proches. J’ai travaillé très fort et j’ai voyagé un peu partout avec elles dans les dernières années. Malgré la distance, je me sentais quand même reliée à ces médailles. »

Mais par-dessus tout, la fin du cycle olympique de Tokyo a permis à Zupancic de clore un chapitre prédominant de sa vie. Sans aucun regret ni amertume, elle se tourne maintenant vers l’avenir avec le sentiment du devoir accompli.

« Pour aller à Tokyo, je devais quitter mon mari pour plusieurs mois et c’est un sacrifice que je ne pouvais pas faire. Je sais que je n’aurais pas été heureuse et comme on l’a vu à Tokyo avec la gymnaste Simone Biles, on ne peut pas gagner sans être dans la meilleure forme physique et mentale de sa vie », indique-t-elle.

« J’ai fait tout ce que je pouvais en tant qu’athlète et je suis en paix avec ma décision. Je suis heureuse! »

  • Kelita Zupancic

Un équilibre de vie

Dans le sport comme dans la vie de tous les jours, les défis sont toujours nombreux. C’est du moins ce que continue de constater Kelita Zupancic depuis la naissance de Grace, le 30 juin dernier. Elle continue donc, en compagnie de Travis, de s’adapter à son nouveau train de vie grandement facilité par sa grande expérience en tant qu’athlète.

« Je dirais que la vie de maman est plutôt facile comparée à celle d’athlète de haut niveau. La grossesse et la maternité, c’est très difficile! Par contre, avec toute l’expérience acquise en tant que judoka, j’étais vraiment prête. Le sport m’a beaucoup aidée pour cette nouvelle étape de ma vie et je savais comment me préparer mentalement et physiquement », explique-t-elle, ajoutant que la clé du succès réside dans l’équilibre de vie.

Pour Zupancic, cet équilibre se reflète dans sa capacité à être une mère dédiée, tout en transmettant sa passion chez Judo Fanatics, une entreprise qu’elle détient avec son conjoint à Boston. Ainsi, la Canadienne de 31 ans n’a jamais arrêté de se rendre au dojo quotidiennement pour enseigner à la prochaine génération d’athlètes.

« Travis et moi avons dédié toute notre vie au judo et c’est très important pour nous. Même pendant la grossesse, j’ai continué tous les jours, confie-t-elle. J’ai été très prudente et, à la fin, je ne faisais plus de démonstrations et de coaching, mais j’étais toujours là. Ça fait partie de la carrière d’athlète et de l’aventure olympique. Nous trouvons l’équilibre au fil du temps et on parvient à trouver des trucs pour le conserver. »

Zupnacic a d’ailleurs la chance d’enseigner sous les yeux attentifs d’une toute nouvelle élève depuis peu. Dans sa poussette en bordure du tatami ou auprès de sa mère dans un porte-bébé, Grace apprend à se familiariser avec l’environnement dans lequel ses parents ont, et continuent d’avoir autant de plaisir.

« La naissance de Grace nous a encore plus rapprochés! Tout est encore plus beau depuis qu’elle est arrivée. Nous avons patienté longtemps avant de pouvoir fonder une famille et c’est vraiment un rêve qui se réalise pour nous! Nous passons beaucoup de temps en famille et nous avons beaucoup de plaisir. »

Certes, le sport aura donné la chance à Kelita Zupancic d’aller au bout de ses rêves en tant qu’athlète et de se préparer pour sa nouvelle vie de maman. Et la maternité lui permet aujourd’hui de s’accomplir encore plus en tant que femme.

« J’ai imaginé ça toute ma vie, de pouvoir atteindre mon rêve olympique et de rencontrer la personne avec qui j’allais pouvoir fonder une famille. J’ai eu tout ce que je désirais et c’est pourquoi je suis aussi heureuse aujourd’hui », conclut-elle.

Rédaction : Mathieu Fontaine ([email protected])

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